500ème anniversaire de la mort du père de « La Joconde »

On ne connait de Léonard de Vinci qu’une quinzaine d’œuvres, considérées comme la perfection des arts plastiques. Le génie de cet homme génère un culte qui dépasse l’imaginaire





PAR JERÔME DUFAY

Il y a cinq cents ans, à Amboise, mourait Léonard de Vinci, le peintre de la mystérieuse « Joconde » devant laquelle se presse le monde entier au musée du Louvre, à Paris. Il laissait derrière lui une masse de travaux touchant à divers domaines, tels que sciences, anatomie, architecture, musique, urbanisme, technologie, poésie, botanique, ; et d’autres encore. C’est dans les arts visuels qu’il reste à jamais considéré comme le plus grand de tous les plasticiens, avec ses quelque quinze tableaux parvenus jusqu’à nous, avec surtout La Joconde, La Cène et L’Homme de Vitruve, si souvent parodiés.


Découverte tardive La véritable découverte de l’oeuvre scientifique de Léonard de Vinci s’est faite tardivement, à la fin du 19è siècle, avec la publication de la compilation de ses manuscrits par l’historien d’art allemand, Jean-Paul Richter (1883). Le monde occidental était en pleine révolution industrielle. Le culte du progrès se pratiquait à grande échelle. L’extraordinaire œuvre romanesque de Jules Verne glorifait le mythe des technologies qui soulageront l’homme des travaux pénibles et lui permettront d’accéder à ses rêves insensés. Les carnets de Léonard de Vinci ne racontaient rien d’autre qu’atteindre des horizons impossibles : voler dans les airs à la façon des oiseaux, naviguer sous la surface de la mer.



Inspiré par d'autres inventeurs A-t-il seulement inventé tout ce qu’on lui attribue ? A l’exemple de Jean de La Fontaine qui s’inspira beaucoup des fables d’Esope, Fabrius et Phèdre, Léonard de Vinci a beaucoup emprunté à d’autres. « Un nombre très élevé de machines ou d’éléments de machines du Codex Atlanticus, traditionnellement exhibés sous forme de maquettes dans de grands musées pour nous convaincre de son génie, figurent déjà chez Brunelleschi, Taccola ou di Giorgio, que ce soit sous forme d’éléments de machines (engrenages, arbres à cames, système à inertie…) ou de machines plus élaborées (scies hydrauliques, pompes, trébuchet, bateaux à aubes, parachute…) », affirme l’historien des Sciences Pascal Brioist dans une interview donnée au quotidien « Le Monde », dans sa livraison datée de ce 2 mai 2019.


Enfant adultérin

IL demeure cependant que l’homme s’intéressait à tout, bien qu’il n’eut pas la chance de pouvoir réaliser de hautes études à cause de son statut d’enfant adultérin. Dans l’Italie papale, les portes des universités, placées sous le contrôle de l’Eglise, lui furent fermées. Aussi, c’est en autodidacte que Léonard de Vinci assimila une somme considérable de connaissances, notant, écrivant, dessinant tout ce qui passait devant ses yeux, dont des machines qui l’intéressait, mais dont il ne revendiqua jamais une paternité que la postérité lui attribua pour le faire plus grand encore.


"Salaï", son Petit Diable Sa peinture est révélatrice aussi de son vécu profond. En Italie, il avait été poursuivi en Justice pour sodomie. En clair, il était homosexuel. « Un crime contre Dieu » lancèrent contre lui les inquisiteurs, sans que les preuves d’accusation portée contre lui fussent rapportées devant les juges, lors d'un procès durant lequel il avait à répondre de viol d'un garçon de 17 ans. Ceux-ci, convaincus d'un faux témoignage, le blanchirent après qu’il eut effectué deux mois de prison préventive à Florence. Appelé par François 1er, Léonard de Vinci s’exila en France pour se mettre au service de la couronne de France. Ses talents d’architecte firent merveille à Chambord.

Sa peinture surtout, avec cette Mona Lisa dont on pense qu’il eut pour modèle l’un de ses deux amants aux traits androgynes, qu’il surnommait Salaï « petit diable », en italien.

Son « Saint-Jean-Baptiste", à l’index pointé vers le ciel est un exemple de plasticité dans laquelle masculin et féminin se confondent. « L’Homme de Vitruve » illustre ses recherches sur « la divine proportion ». Le mythique nombre d’or se retrouve dans ses compositions.