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JEAN GOUNIN , LA DÉFERLANTE INATTENDUE .

Par MICHEL CADIERE Nîmes le 25 Août 2019


 



Si les meilleurs effets découlent souvent d' une simple envie de voir s'épanouir la passion , celle par exemple de ressentir la force de conviction d'une œuvre dans la moindre parcelle isolée de notre âme , c'est , par celui de ce moment magique que je considère comme un vrai privilège où se matérialise le désir à l'état pur . L’instant qui fait que l'on va s'attarder sur l'image idéale, je parle ici et maintenant de celle d'une utopie devenue la parole renouvelée d'une sorte d’Évangile apocryphe, ou par cet exemple précis, le Surréalisme, cette déferlante audacieuse qui a couvert et dépassé le premier quart du 20ème siècle et dont on croyait à tort avoir fait le tour . Soudainement, ne fait pas qu’'y montrer les bribes d'une timide résurrection , la voici roulant et rugissant à nouveau au travers de l'œuvre phare de mon ami Jean Gounin , qui en est je crois un des plus dignes continuateurs . Le dernier peut-être à avoir sinon la prétention, en tout cas par la forme unique qui en scelle à ce jour un trait d'union avec l’âge d'or du mouvement instauré par son charismatique leader , André Breton , le plus digne de ces représentants .

 


Notre homme est par la force des choses comme " un écho qui n'en n'est pas un "

 

Son chant est pareil au bruit de la source qui coule dans notre mémoire et où nous ne nous sommes pourtant jamais désaltérés.

 

Une impression de déjà vu, un air de famille,

 

Un faux souvenir subliminal, une règle instinctivement assimilée d’un de ces jeux si chers aux héritiers du Minotaure.



Subjectif à l'instar de Miro ou de  Calder, voici un Dali informel diront certains, un reflet rédempteur surpris dans l'œil humide de Kay Sage affirmeront d'autres qui en feront a ce titre , le Tanguy réincarné du 21ème siècle . . .

 

Je préfère pour ma part garder mes distances avec les comparaisons, Jean est avant tout un contemporain plein de ressources , faiseur méditatif , grand improvisateur , un paradoxe de réflexion dans l'immédiateté de l'idée le frôlant et qu'il sait si bien saisir à l'instant le plus propice ,bâtisseur d'ambiances mystérieuses jusque dans la part narrative où sa poésie s' imprègne d'énigmatiques titres qu'il va donner a ces compositions , à l'instar d'un René Magritte ou mieux , de Max Ernst pour qui il a une véritable vénération .

 

Purs chefs-d’œuvre, incontestablement en phase avec ce que nous pourrions nommer

" le subconscient collectif ", ses peintures, entre figuration et abstraction, donnent immédiatement le tempo en se libérant d'une interprétation figée au profit d'une possibilité d'en utiliser le pouvoir alternatif.

La toile y est a la fois lieu et réceptacle onirique, matière immatériellement anthropomorphe certes , mais jouant de la richesse du pigment comme d'un medium propre aux enchevêtrement colorés de voiles plissées autorisant le trompe l'œil .

L ' appellation de fatrasie (*)  hyperréaliste en serait une bonne définition , un style reconnaissable entre mille , qui forcerait l'admiration bien au delà d'une technique parfaitement maîtrisée à part que ce qui fait ici la différence , c'est ce qui se dégage de l'ensemble d'une façon beaucoup plus subtile :

  Un sentiment de fluide transparence, d 'absence de pesanteur , sinuosité et évanescence qu'on pourrait assimiler au langage secret de la sensualité , des humeurs de l'artiste en perpétuel changement , de ses propres rêves bien sûr , enfin , d'une vie possible dans un univers parallèle qui invite sans attendre à la transmutation de la pensée universelle .

 

MICHEL CADIERE

Nîmes le 25 Août 2019




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