L’art conceptuel pour faire briller Montpellier

Le maire, Philippe Saurel, mise sur les grands noms de l'art contemporain pour donner à Montpellier une résonance planétaire


L'ancien hôtel Montcalm, proche de la gare de Montpellier où vient d'être crée le Mo.Co. (centre d'art Montpellier Contemporain).


PAR JERÔME DUFAY

L’art contemporain comme vecteur de développement de la cité. C’est la stratégie adoptée par Philippe Saurel, maire de Montpellier (Hérault). Le samedi 29 juin 2019, il devait inaugurer le « Montpellier Contemporain », nouveau centre d’art grand ouvert aux artistes conceptualistes. L’édile, habitué de la Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris et de la Biennale de Venise, ne cache pas son objectif : faire de ce centre baptisé Mo.Co. un outil de marketing d’attractivité touristique.


PRES DE LA GARE Sans état d’âme, Philippe Saurel n’a pas donné suite au projet de musée de l’histoire de la France et de l’Algérie qui devait s’installer dans l’ancien hôtel Montcalm, de style néo-classique, à deux pas de la gare. Au grand dam des expatriés d’Algérie arrivés en masse dans l’Hérault en 1962 et de leurs familles, il a différé ce projet si cher à son prédécesseur Georges Frêche, afin de coller au peloton de tête des villes misant sur l’art d’aujourd’hui pour briller sur la scène européenne, voire mondiale comme Nantes ou Lyon. Pour le lancement du Mo.Co., ont été convoquées les œuvres trois grands noms du conceptualisme artistique : le Japonais Yasuharu Ishikawa (photo ci-dessous), le Danois Danh Vo et le Français Pierre Huyghe. Tous de réputation planétaire.




LA PRESSE INTERNATIONALE POUR CIBLE Deux agences de communication ont été mobilisées pour concevoir les outils médiatiques qui animeront au fil du temps les écrans de télévision et les pages des magazines, et tisser un réseau journalistique pour faire venir la presse internationale sur place lors des ouvertures de nouvelles expositions issue soit de collections privées, soit de collections publiques. La facture de l’investissement s’élève à 22 millions d’euros. Soit 3 millions d’euros de moins que le musée Pierre Soulages (le peintre du noir) ouvert en 2014 à Rodez (Aveyron).


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100 ARTISTES DANS LA VILLE

Pour accompagner l’ouverture du MOCO Hôtel des collections, Montpellier Contemporain propose « 100 artistes dans la ville ». Du 8 juin au 28 juillet 2019, cette initiative se déroule dans l’espace public (lieux d’expositions, magasins, cafés, murs, places publiques…).

Ce projet emprunte son nom à une manifestation organisée du 5 au 20 mai 1970 à Montpellier par le groupe ABC Productions (Tjeerd Alkema, Jean Azemard, Vincent Bioulès et Alain Clément).

Cette nouvelle édition de « 100 artistes dans la ville » se développe de la gare à l’École des Beaux-Arts. Elle engage des partenariats avec la Ville de Sète, les Mécènes du Sud, l’Orchestre National de Montpellier, le Musée Fabre, le Frac Occitanie, Ici/CCN Exerce, Artelozera et le réseau des galeries montpelliéraines.