Musée de l'Orangerie : les "Nymphéas" d'Alex Katz en hommage à Claude Monet


PAR JERÔME DUFAY

Il n’est pas d’autre lieu au monde pour s’imprégner entièrement de l’oeuvre de Monet qu’au Musée de l’Orangerie, à Paris. Là se trouve les immenses panneaux des Nymphéas que l’artiste avait peints durant la Première Guerre Mondiale pour les offrir à l’Etat comme oeuvre symbole de la Paix. L’un des grands artisans de cette paix retrouvée avait été son grand ami, Georges Clémenceau, qui les fit installer là où ils se trouvent désormais, depuis 1920.

Le musée de l’Orangerie rend cette année un « hommage à Monet » au moyen d’une exposition de tableaux de l’américain Alex Katz, dont ses Nymphéas version pop art figuratif.

A presque 92 ans, l’artiste n’a rien perdu de sa vigueur. Il continue à créer sans relâche dans son atelier de Soho, à New York, car l’art est son oxygène.

Il y a en lui du Paul Cézanne, dont il fut l’un des fidèles admirateurs. Mais dans son geste surtout beaucoup de spontanéité. « Mon geste est intuitif, dit-il, et, tout en me basant sur la réalité, je tente de faire ressentir l’inconscient. Je le réalise avec les esquisses ou avec les grandes toiles et cela m’oblige à travailler vite, car je n’ai pas le temps de réfléchir, mais juste celui de peindre. »

Alex Katz est arrivé sur le tard, la trentaine passée, aux arts picturaux. Il n'a jamais cédé aux modes et aux injonctions d'un conceptualisme destructeur des Beaux-Arts.

A la façon des impressionnistes, il retraduit sur la toile ses visions du monde qui l'entoure lorsque d'autres font fortune en posant une poêle à frire sur un tronc d'arbre pour convaincre les critiques d'art, gourmands de curiosités provocatrices, qu'il s'agit d'expression du génie.

Katz, malgré la puissante vague du "Ready Made" qui envahissait les galeries New Yorkaises, faisait le portait de son épouse vêtue de sa "Petite robe noire", oeuvre qui fut au lancement de son succès international dès les années 1960.

Hommage à Claude Monet. Alex Katz. Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries. Paris. Mai-août 2019.


Alex Katz, à son atelier new-yorkais du quartier Soho, devant un portrait de son épouse, peint par lui-même.




Ada and Louisa, d'Alex Katz.

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