Un monde s'en est allé dans les flammes de Notre-Dame de Paris


PAR AUGUSTA VDH

« Vous êtes-vous bien régalé les yeux tant qu’il en était encore temps ?

Je sais, je sais… On en a tellement parlé… et pourtant ça ne fait pas encore un mois qu’elle s’est embrasée, qu’elle nous a embrassés de ses volutes époustouflantes, éprouvantes aussi.

Etait-ce un mauvais rêve ? Je me suis réveillée ce mardi 16 avril et non… Politiciens et architectes de tous poils me le rappellent sans fin. Laissez moi donc le temps du deuil, Messieurs !

Je n’ai pas besoin d’être rassurée sur nos capacités créatives et autres. Je sais que l’époque nous offre toutes les techniques pour rebâtir à l’identique … ou pas, ça m’est égal ! Et j’éteins tout pour ne plus voir, ne plus entendre. Juste un temps pour moi, pour un passé révolu et un avenir à venir.

Avec nostalgie et pêle-mêle, montent en moi des images de livres d’école : les bâtisseurs, ces fervents bâtisseurs qui à la gloire de dieu etc… les mathématiques qui m’ont tellement stressées, l’esthétique à travers les tableaux de Buffet, David, Picasso, Chagall, etc…

En fait pour moi, un monde s’en est allé. Le temps du temps s’en est allé (du XIIIème siècle jusqu’à ce lundi 15 avril 2019, pensez donc !). Heureusement il nous reste ses petites sœurs devenues plus grandes, plus hautes. Je me suis donc réfugiée dans l’une d’elles, à Amiens pour regarder mieux, m’émouvoir avec un nouveau regard d’enfant. Faites comme moi, vous verrez, ça ravigote le moral !

Notre Dame,

Notre Belle,

Notre Belle Dame

qui ne sera plus jamais ni tout à fait la même ni tout à fait une autre… »

Augusta VDH, 3 mai 2019